Je « voyage » confiante dans Paris, ma ville. Les portes du métro s’ouvrent, des yeux charbon entrent. Ce regard triste, je te connais ! Des prunelles qui jouent au fond de mon ventre, comme une bête immonde se faufile. Un mal à vivre qui oblige toute sa personne ; oblige son grand front blanc à se voiler d’une longue mèche brune, plate et terne. Un regard en dessous, qui brillait de me voir ?
Comment oublier cette manière que tu avais d’apparaître C…
Aujourd’hui j’écoute Lhassa et je pleure. Ce matin, ce soir encore, je pleure. Mes yeux travaillent à l’envers. Ils cherchent au fond des orbites, dans les replis du cerveau une certaine entité au sourire cruellement désarmé, et ces doigts qui couraient sur la harpe… Ils attrapent la bague en écusson ! Enfin, ils voient : un cou de chat, une poitrine de femme épanouie, la finesse de ses larges épaules, et ce physique ingrat.
Quelle particularité C…, huit ans ont passé et tu as toujours vingt-cinq ans. Immortelle, comme ma culpabilité, tu n’es plus. Aujourd’hui, j’aimerais pourtant dessiner ton visage.
Ils voient … les détails sont si nets, bien tranchants. Avec douceur une main s’élève et tente un tracé. Mais les contours vacillent, lâches et indomptables. Main inerte sous la lampe du bureau, inapte ce soir encore. Mes rétines se défaussent en une fraction de mémoire… Car un visage qu’on n’oublie pas ne se dessine pas. Jamais peut-être.
Auprès de toi déjà, mon être tout entier était vulnérable! Ta force de destruction était bien trop tenace. Tu le savais, et laissa ma sacro-sainte naïveté protéger ma force de vie. M’aurais-tu doublé, ta seule amie ?
Aujourd’hui seulement je comprends et « je n’ai pas peur de dire que tu me fais peur » …
Lhassa nous résume à merveille, n’est-ce-pas ? Tard pour le dire, tu as raison.
Ces failles, que dévoilaient les portes du métro, marquaient comme un répit à mon impuissance. J’aspirais comme un dû, la joie de te voir t’allumer. Ces yeux humides qui me rencontraient flashaient soudain comme des illuminés. Sauvés ? Égoïstement aveugle, j’étais flattée. Alors, je n’ai pas cru que cette corde allait arriver.
Désolée…
“Crois et tu comprendras ; la foi précède, l’intelligence suit.” Saint Augustin