Welcome in Mongolia

Bienvenus en Mongolie !

Jeudi 29 octobre 2009 – SuhBaatar (frontière mongole)

Le PV mongole à onze heures du soir, après 9h sans WC ni eau potable, était dur à avaler… Enfin autorisés à sortir du wagon, nous croisons nos cerbères, clopes au bec, accroupies dans l’entrée. Étonnement, et sarcasme de mon homme: “Ici, c’est interdit de fumer!” Mauvais rictus du roquet, on descend. Enfin libres! J’hurle un coup, puis dégaine une roulée. De furieux appels d’air agitent mes valves pulmonaires. Je souffle. Sur le quai désolé et plongé dans la nuit, de rares silhouettes se détachent des halos jaunâtres des lampadaires… Au loin, derrière un jardinet, des uniformes kaki s’emmitouflent dans la brume de leurs cigarettes.

“Ici, c’est interdit de fumer” répète mon homme, mais son ton a changé. Une petite signalétique perdue en haut d’un poteau ressemble à une interdiction. Je regarde le panneau, incrédule. De toute façon, au passage de la frontière russo-mongole le train ressemblait davantage à une rame de métro aux heures de pointes. A la limite du tripot, du marché noir et du fumoir. Tout ce qu’on imagine d’illégal s’y passe en 24h, sous le nez des Prodvoniska(s) qui ne manquent jamais leur part du gâteau. J’aspire donc ma nicotine bien fort, tranquille. “Passeport please”. Ils étaient planqués près des buissons, mêmes uniformes kaki. Sous les yeux de mon homme et des garces de cerbères soudoyées, me voilà embarquée avec un Américain.

Vais-je me réveiller de ce minuscule canapé, de cette pièce trop petite, de cette langue incompréhensible? Parker l’Américain reste le seul élément crédible du poste de police : il panique. Les visages burinés nous regardent tour à tour, épluchent passeports, visas et titres de transport. C’est juste pour la forme, car le fond n’est que routine maligne: des comme-nous, ils doivent en attraper par paquet de wagons! Certainement plus en été qu’en hiver, alors là, ils se régalent. J‘enrage de ce sale racket, piètre bakchich. Leurs yeux bridés sourient. Pourquoi ont-ils fermé la porte? Le train repart dans 20 minutes. Ils verbalisent lentement … Parker propose ses dollars. La Française sans-le-sou-qui-comptait-prévenir-illico-l’ambassade se sent un peu trahie, mais accepte soulagée sa délivrance.

De retour en cabine, nous finirons à la vodka pure de faire connaissance avec les Etats-Unis : « Parker & Colman, nice to meet you ». And welcome in Mongolia…

This entry was published on 3 février 2011 at 18:20. It’s filed under Carnets de voyage and tagged , , . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

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